[JOM AU FÉMININ] Myriam HEINZ, co-fondatrice de JOM : “Chacune peut arriver là où elle veut aller.”

[INTERVIEW] Robert Georges, un cinéaste sur les pas des enfants du BUMIDOM
5 avril 2018
[INTERVIEW] L’Association Anick.D, une ode à la beauté intercontinentale dans le mannequinat
29 avril 2018
Voir tout

[JOM AU FÉMININ] Myriam HEINZ, co-fondatrice de JOM : “Chacune peut arriver là où elle veut aller.”

Nous tenons à remercier toutes nos JOMiennes qui ont participé à la première édition de « JOM au féminin ». Nous la clôturons avec une personne emblématique pour notre association. Celle qui a tant donné pour Jeunesse Outre-mer, celle à qui l’on doit tant aujourd’hui car sans tous ses efforts et cette volontée, cette association n’aurait pas vu le jour : Myriam HEINZ la Co-fondatrice de JOM !

Raconte-nous ton parcours.

Enfant et adolescente, j’avais une âme d’artiste (peinture, dessin, poterie…) et il faut croire que j’aimais aussi les sciences car jusqu’en fin de lycée je voulais être médecin. Mais lorsque je me suis rendue compte de la longueur des études de médecine, je me suis tournée vers une  classe préparatoire en  management en Guadeloupe pour ensuite intégrer une école de commerce dans l’Hexagone.  Je voulais entrer relativement vite dans le monde du travail.

Ces années ont étés très enrichissantes car j’ai pu apprécier l’ambiance multiculturelle d’une Business school en faisant la rencontre de jeunes venus de toutes les régions françaises mais aussi du monde. J’ai choisi de faire une spécialité finances, pour profiter de débouchés dits nombreux et diversifiés à l’époque. J’ai également eu la chance de faire un double diplôme au Mexique, ce pays fabuleux aux multiples facettes tant au niveau humain que culturel. J’étais dans une ville proche des USA, avec une forte influence  américaine. J’y ai rencontré des personnes  de tous horizons et de tous les niveaux sociaux. Et contrairement à l’image véhiculée sur les cartels de drogue et la violence au Mexique, je m’y suis sentie parfaitement à l’aise et en sécurité.

Mon stage de fin d’étude s’est déroulé à  Paris, dans une grande banque française où j’ai pu apprendre le contrôle de gestion et le pilotage d’activité d’une société de gestion. Travailler dans la finance est gratifiant en tant que femme, mais c’est aussi beaucoup de rigueur, beaucoup de caractère, de répartie et d’aplomb. Et il est fondamental de savoir faire parler ses chiffes pour pouvoir alerter et être entendue.

Qu’en est-il de ton investissement chez JOM ?

Parallèlement à ma vie professionnelle, j’ai lancé Jeunesse Outre-Mer en 2013 avec Loïc ISCAYES, le co-fondateur et Président. Ce fut le début d’une grande aventure pleine de bonne volontée, de rigueur et de détermination. Nous avons appris énormément juste en travaillant sur notre temps libre. Pour ma part, j’ai pu toucher un peu plus du doigt des disciplines qui ne m’étaient pas inconnues mais que je ne maîtrisais pas forcément telles que le marketing ou encore le web mastering.

Notre premier grand événement (et fierté) a été de mettre en place le Forum Pro Jeunesse à Paris en 2013. Celui-ci a permis à plusieurs milliers de jeunes de trouver une opportunité professionnelle, et également de réunir l’ensemble des institutions d’Outre-Mer. Nous avons ensuite dupliqué cet événement en province puis en Outre-Mer (Toulouse, Arras, Montpellier, Paris, Guadeloupe, Guyane).

Parallèlement, nous avons renforcé nos actions « originelles » avec les ateliers de coaching RH et la  mise en relation avec les recruteurs. C’est à cette période également que nous a rejoins Lorine BOZIN, avec qui nous avons continué à développer nos actions et décidé d’ouvrir JOM à d’autres jeunes souhaitant s’investir pour la jeunesse ultramarine.

Aujourd’hui tu es maman. Comment arrives tu à jongler entre ta vie privée, ta vie professionnelle et ta vie associative?

Quand JOM  a été créé en 2013, je n’étais pas encore maman, je ne comptais pas du tout mon temps. La construction d’un réseau d’entraide, c’est quelque chose que j’avais à cœur depuis très jeune. J’étais, de fait, très déterminée et je faisais tout ce qu’il y avait à faire pour tenir nos engagements. Aujourd’hui, la configuration est différente. Tout concilier n’est pas simple, mais mon implication associative participe indéniablement à mon équilibre. Ce n’est pas parce que je suis maman que tout s’arrête !

Je suis convaincue, qu’avec de l’organisation et de la détermination pour rester motivée, tout est possible. JOM c’est aussi quelque chose que je n’arrêterais jamais quelque soit mon âge. Comme je le dit souvent aux membres ou aux personnes que je rencontre qui ne sont pas dans la même tranche d’âge, on peut toujours apporter sa pierre à l’édifice à son niveau. C’est une association qui a toute son utilité et qui est très concrète dans ses actions.

Nous sommes continuellement en train de chercher des solutions pour permettre à de nombreux jeunes d’avoir un emploi, des conseils RH ou encore avoir accès à des contacts d’entreprises. Dans ma vie, j’ai de la place pour toutes mes activités et j’essaie de mener tout cela de front en gardant une bonne dose d’optimiste pour ne pas flancher.

Quelles sont les valeurs que tu souhaites véhiculer? Quel modèle de mère et de femme souhaites-tu être?

En tant que maman j’essaie d’être à la hauteur des exigences de mes enfants. J’essaie de faire en sorte qu’ils soient fiers de moi. Ils sont une source de motivation exceptionnelle. Ils me motivent à me dépasser, pour faire un peu mieux chaque jours tant pour eux que pour moi.

Travailler, être dans le monde associatif et avoir une famille, n’est pas de tout repos; même si la grande majorité des femmes sont dans ce cas de figure aujourd’hui. Nous sommes confrontées à des choix pas toujours simples. A mon sens, mes activités professionnelles et associatives doivent m’être utiles en terme d’épanouissement pour que ça rejaillisse sur mes enfants.

Quels sont tes projets?

J’ai des projets plein la tête ! Bien-sûr, que mes enfants soient heureux et aient une enfance épanouie. Ensuite, je réfléchis et je tente de trouver une solution pertinente et efficace (mais non miraculeuse !) pour les logements des jeunes ultra marins quand ils arrivent en Hexagone. Pour l’avoir vécu, je sais à quel point il peut être difficile de se loger en quittant l’Outre-Mer.

Quels sont tes conseils pour les femmes?

Je dirais à toutes les femmes et particulièrement aux jeunes femmes de toujours croire en elle, et de garder leur fierté, de savoir être à l’écoute sans pour autant se laisser influencer. A mon sens, il faut choisir ses influences! Je suis persuadée que chacune peut arriver là où elle veut aller, du moment qu’elle se donne les moyens et qu’elle croie en elle.

The following two tabs change content below.
Céline Clairicia

Céline Clairicia

Amoureuse de mon île, mon rêve est de contribuer au développement de la Martinique. Attirée par le secteur touristique, j'aspire à travailler dans ce domaine. J'ai rejoint le pôle rédaction de Jeunesse Outre-Mer afin de partager la passion que j'ai pour mon petit coin de paradis en mettant en avant des projets, des personnes, des innovations... qui tendent à son évolution. Mon but premier est de montrer que la Martinique n'est pas qu'un paysage merveilleux de carte postale mais beaucoup plus !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :