[INTERVIEW] Quand Niels et Valentin vont à “l’Essentiel des contrats administratifs”

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[INTERVIEW] Quand Niels et Valentin vont à “l’Essentiel des contrats administratifs”

Paru en octobre dernier aux Editions Ellipses, autant dire que “L’Essentiel des contrats administratifs” s’est arraché entre les juristes. Cet ouvrage proposant une approche novatrice de présentation des contrats administratifs trône dorénavant sur les étagères des meilleures bibliothèques.  Niels et Valentin qui en sont les auteurs se sont livrés sur la rédaction de ce projet ambitieux.

 

Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Niels : Bernardini Niels, 25 Ans , Etudiant et juriste consultant en droit public des affaires et contrats publics (ci-dessous à gauche).

 

Valentin : Valentin Lamy, 25 ans, doctorant en droit et chargé d’enseignement à la faculté de droit d’Aix-Marseille (ci-dessous à droite).

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Quel parcours scolaire vous a mené aujourd’hui à la rédaction d’un ouvrage de droit administratif ?

Niels : Valentin et moi avons pratiquement le même parcours universitaire car c’est là que nous nous sommes rencontrés. Nous avons débuté à la faculté de droit d’Aix en Provence en 2009, nous avons ensemble fait un double cursus avec une licence d’administration publique en parallèle de celle de droit et tout naturellement nous nous sommes retrouvés à faire le même Master 1 de Droit public en 2012.

C’est justement en Travaux dirigés de contrat public que le projet de cet ouvrage trouve sa genèse. En effet, il nous avait été demandé de résumer certains contrats de la commande publique ( sic : une des catégories des contrats administratifs) pour un devoir. Nous avons pris la chose un peu trop au sérieux ( sic : rire ) et nous nous sommes lancés dans la fabrication d’un grand tableau résumant l’ensemble des contrats sous le même modèle. On a travaillé trois jours sans fin et à l’issu, nous avons rendu un devoir qui semblait avoir été apprécié par la chargée de TD. Valentin et moi nous nous sommes à nouveau retrouvés dans le même Master 2 de Contrat Public et Droit public des affaires et c’est là que nos parcours se sont séparés mais cela a permis la création de l’ouvrage.

En effet, je me suis tourné vers un emploi de juriste en cabinet d’avocat en préparation du concours du barreau et Valentin a débuté une thèse sur les contrats publics. Et il y a quelques mois, voyant que ce fameux devoir de Master 1 était un objet que j’utilisais au quotidien au cabinet où j’exerçais, nous nous sommes lancés dans le projet de transformer ce devoir en ouvrage et de le mettre à jour avec d’importantes réformes que la matière venaient de connaître. Ainsi en trois semaines en Janvier dernier, nous avons rédigé cet ouvrage sous la direction du Professeur Raphael Romi et soumis le projet à l’éditeur Ellipses qui l’a accepté en édition. Donc d’un parcours commun, en passant par un simple devoir de TD, nous avons pu saisir notre chance pour rédiger cet ouvrage.

 

Cet ouvrage traitant spécifiquement des contrats administratifs s’adresse à un public familier au droit. Pourriez-vous nous expliquer de quoi il s’agit ?

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Valentin : tout le monde sait plus ou moins ce qu’est un contrat, car il s’agit d’un acte qui parsème la vie de tout le monde : on loue ou on achète un bien immobilier, on fait ses courses, on contracte une assurance ou un abonnement téléphonique… Bref le phénomène contractuel est tellement répandu qu’il est grosso modo familier à tout un chacun. En ce qui concerne les  contrats administratifs, en revanche, peu de personnes savent quelle signification mettre derrière ce vocable, mais ils ne sont pas moins présents sous nos yeux, tous les jours, car leurs répercussions touchent directement le public, bien que celui-ci n’en soit pas partie. La construction d’un nouveau bâtiment communal, comme un stade où des locaux de l’administration, le passage au péage de l’autoroute, le fait de s’asseoir à la terrasse d’un bar sur le trottoir ou bien le simple fait de jeter ses poubelles : peu de gens le savent, mais tout cela fait probablement l’objet d’un contrat administratif !

Plus prosaïquement, le contrat administratif est celui par lequel les administrations (l’Etat, les collectivités territoriales…) traitent avec le secteur privé afin de réaliser leurs missions de service public, pour lesquelles elles ont naturellement besoin de structures, de fournitures, de personnel. On comprend donc aisément l’inclinaison économique forte de ces contrats qui représentent une part conséquente du PIB (de l’ordre de 15 %). Le droit des contrats administratifs vise donc, au travers de procédures spécifiques, l’efficacité dans l’utilisation des deniers publics et le respect de la concurrence.

L’ouvrage a vocation à présenter de manière synthétique et pratique ces différentes formes et procédures contractuelles.

Pourquoi un ouvrage sur cette thématique vous semblait nécessaire ?

Valentin : ce n’est pas tant la thématique qui a notre sens nécessitait l’écriture de ce livre, c’est plutôt l’approche. Il existe bien entendu des ouvrages très complets sur la matière, mais notre volonté était de présenter la matière selon un angle à la fois théorique et pratique sous la forme pragmatique de tableaux, contrat par contrat, ce qui n’existait pas jusqu’à présent.

 

Les filières de droit public étant bien moins prisées que celles de droit privé, que diriez vous à un jeune étudiant en droit qui hésite ?

Niels : Le choix des filières en droit est un choix cornélien qui malheureusement se fait assez tôt dans le parcours universitaire sans vraiment connaître les tenants et les aboutissements de chaque matière. L’étudiant se base sur moins de trente heures de cours théorique pour faire son choix. A ce « petit jeux » malheureusement le droit administratif peut perdre, car l’étude de la matière en deuxième année s’avère souvent très complexe pour un néophyte.

 

Pourtant la filière “Droit public” est vaste et passionnante, elle permet l’étude de plusieurs thématiques touchant au fondement même de la société à travers le droit constitutionnel, les relations avec nos services publics, la défense des intérêts des particuliers face aux décisions des pouvoirs publics à travers notamment le droit de l’urbanisme, l’étude des mécanismes assurant l’équité dans la concurrence à l’échelle européenne avec le droit public des affaires et enfin la compréhension de l’action publique dans l’économie à travers les contrats publics.

 

Enfin, et de manière très concrète, le droit public permet de prétendre à un nombre pléthorique de carrières. En effet les études en droit public permet de préparer les différents concours pour être agent de l’Etat ou Européen de catégorie A comme directeur dans les différentes collectivités, ou A+ comme l’Ecole Nationale de l’Administration et Directeur d’Hôpitaux. Il est possible également de postuler dans le secteur privé en travaillant dans les grandes sociétés de travaux publics comme juriste. Il est également possible de devenir un avocat spécialisé en Droit public et notamment en Droit public des affaires, qui est en ce moment l’une des filières qui recrute le plus grand nombre d’avocats avec des rémunérations qui peuvent s’avérer importante. Enfin avec le droit public, il est évidemment possible de se spécialiser en devenant Doctorant puis Professeur en la matière.

 

Désolé je n’ai pas pu m’empêcher de faire une présentation eu deux parties pour défendre la filière, réflexe de juriste.

 

Quels sont vos projets pour l’avenir  ?

Niels : Je suis actuellement entrain de passer l’examen d’entrée au Barreau (sic : Avocat), avec le projet d’ici un ou deux ans de commencer à exercer entre Paris et les Antilles. Et parallèlement je me suis lancé dans la rédaction d’une thèse portant sur l’égalité réelle dans les Outre-Mer à travers le prisme des contrats de  la commande publique.

Valentin : finir ma thèse !!!! Ça, c’est pour l’avenir proche, enfin, plus ou moins et j’espère plus que moins ! Apres, qu’il me soit permis d’espérer, de rêver, à une carrière universitaire !

Un dernier mot pour la jeunesse ultramarine ?

Niels : Que dire aux jeunes ultramarins qu’ils ne savent pas déjà. Evidemment que les jeunes ultramarins ont tout pour réussir autant que les autres et ils doivent garder cela en tête à travers leurs différents parcours dans notre pays, en Europe et dans le monde.

Ils ont même, peut être, cette « petite chose  en plus » qui leurs permettent  de s’adapter à tout car pour la plus part, ils ont dû partir tôt du foyer familial pour aller réaliser des études à huit, douze ou dix-huit milles kilomètre de chez eux.

Donc tout simplement « Tchimbé red pa moli »

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Lovely BERGENA

Lovely BERGENA

Aspirant à faire du droit des Outre-Mer la figure de proue de mon parcours de juriste, j'ai trouvé en la Rédac' un bel espace d'expression. Dès mon plus jeune âge, j'ai eu un goût prononcé pour l'écriture. Dynamique, débordante d'énergie et de vitamines, ma curiosité m'amène à ne pas me restreindre au droit. Ma philosophie ? Poté mannèv ! (Action !)

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