[INTERVIEW] Maïly Nicar, vice-championne d’Europe de boxe : « Rien n’est impossible à celui qui y croit. »

Mobilité des enseignants du secondaire : la dictature de l’offre et de la demande
15 mai 2017
[INTERVIEW] A la Cité Scolaire la Persévérance, Martin Charbonné innove pour permettre aux jeunes de « prendre les rênes de la société »
29 mai 2017
Voir tout

[INTERVIEW] Maïly Nicar, vice-championne d’Europe de boxe : « Rien n’est impossible à celui qui y croit. »

Maïly Nicar est une jeune Guadeloupéenne avec un parcours qui mérite d’être mis en avant. Kinésithérapeute et boxeuse de haut niveau, rien ne la prédestinait à une telle carrière sportive…et pourtant ! Tout au long de cet interview, vous découvrirez le portrait d’une jeune femme talentueuse qui nous prouve qu’avec beaucoup d’efforts et une grande volonté, il est tout à fait possible de lier carrière sportive au plus haut niveau et carrière professionnelle.

 

Peux-tu nous parler de ton parcours sportif et de ton parcours professionnel ?

J’ai débuté les cross en école primaire. J’ai pratiqué le demi-fond et les petites épreuves combinées (triathlon – 3 épreuves) de la 6 e à la 3 e . J’ai véritablement débuté ma préparation en épreuves combinées (pentathlon – 5 épreuves et heptathlon – 7 épreuves) après mon intégration au CREPS Antilles- Guyane (Centre de Ressources, d’Expertise et de Performance Sportive); lieux dans lequel j’ai passé deux ans d’internat au sein du pôle outre-mer Athlétisme.

Suite à cela, le bac réussi et un concours PACES (Première Année Commune des Etudes de Santé, ex L1 Santé) en Martinique raté de peu, j’ai décidé de m’installer en Belgique pour poursuivre ma formation en Masso-Kinésithérapie. J’ai eu l’occasion de pratiquer deux ans de boxe thaïlandaise à Bruxelles, suivie d’une petite pause sportive. Et maintenant, cela fait deux ans et quelques mois que je pratique la Boxe anglaise. Conjointement à mon projet sportif, je suis diplômée d’un Master 1 en kinésithérapie et j’exerce désormais à Noisy-le- Grand, tout en suivant une spécialisation en Pathologie sportive dans le but d’obtenir un Master 2.

 

Pourquoi as-tu arrêté l’Athlétisme ?

J’étais arrivée à un stade où l’Athlétisme et moi n’étions plus compatibles. J’enchaînais les blessures, je faisais un petit syndrome de surentraînement que je n’arrivais pas à régler. Et globalement je pense que j’étais dans une restructuration complète de ma vie et de mes objectifs dans lesquels l’Athlétisme n’avait plus sa place.

 

Peux-tu nous donner ton palmarès dans ces deux sports ?

Copyright : Sous-France

J’ai de nombreux titres de Championne de Guadeloupe dans différentes épreuves (saut en hauteur, poids, haies,

etc.). A part cela, je me suis hissée à la 5 e puis 4 e place du Pentathlon aux Cariftas Games (ndlr : Jeux de la Caraïbes d’Athlétisme entre la Jamaique, les Bahamas, Trinidad & Tobago mais également la Guadeloupe, la Guyane et la Martinique) de 2007 et 2008. J’ai aussi eu une médaille de bronze au poids aux Jeux des Iles en 2008 (ndlr : Plusieurs îles et archipels réunies pour une compétition regroupant plusieurs sports : Athlétisme, Basketball, Natation etc.)

En Boxe je suis championne d’Ile-de- France -69 kg (2014); double championne de France des -69 Kg (2015 et 2017) et Vice-championne d’ Europe des 75kg (2016).

 

Combien de fois par semaine t’entraînes-tu ?

La fréquence des entraînements spécifiques à la boxe varie en fonction des périodes mais en règle générale il y a au moins trois jours d’entrainements technico-tactiques. Mes autres entraînements sont plus axés physique/coordination. Je m’entraine 6 jours /7 avec des entraînements biquotidiens en sélection ou préparation aux compétitions.

 

Quels « sacrifices » ont été nécessaires pour en arriver là aujourd’hui ?

Copyright : Sous-France

 

Tous les sports imposent naturellement de la rigueur et du temps. Je sacrifie en grande partie les sorties spontanées avec les ami(e)s et les longues vacances auprès de ma famille. Il est important pour moi de revoir tous les membres de ma famille en Martinique et en Guadeloupe, alors deux semaines par an ne suffisent pas en général. Les sacrifices liés à ma vie sportive et professionnelle sont les mêmes. Le temps que j’accorde aux miens est mon plus gros sacrifice.

 

Comment concilier sport et travail ?

J’exerce en libéral donc je gère personnellement mon emploi du temps. Cependant, lors de ma période universitaire, le service des sports de mon université excusait mes déplacements et compétitions.

 

Quel message souhaiterais-tu faire passer à toute personnes souhaitant se reconvertir ou commencer une carrière sportivement « tardivement » ?

Je souhaiterais dire à tous mes jeunes pairs que si une première carrière sportive ou professionnelle ne fonctionne pas ce n’est pas la fin du monde. Pour trouver sa voie il faut véritablement éprouver du plaisir à travailler et avoir envie de se sublimer. Faire du sport et entreprendre un parcours professionnel ne sont pas chose facile. Cependant, rien n’est impossible à celui qui y croit. Je souhaite que chacun soit conscient de ses capacités et connaisse sa propre mesure.

 

Quels sont tes objectifs futurs ?

Mes objectifs à court terme restent de prendre encore plus d’expérience à l’international et d’améliorer mon niveau actuel.

Quant à ses objectifs à plus long terme Maïly nous confie qu’elle ne cite jamais ses objectifs de compétition à atteindre (JO etc…). Il va s’en dire que nous suivrons avec minutie son parcours durant les prochains mois. Elle nous réserve probablement encore de belles surprises.

The following two tabs change content below.
Anne-Caroline Ducados

Anne-Caroline Ducados

Athlète depuis plusieurs années, mon souhait en intégrant Jeunesse Outre-Mer était de mettre en avant nos sportifs d’ici et d’ailleurs mais principalement ultramarins. Vous trouverez dans mes écrits des articles sur le sport, notamment sur les sportifs et anciens sportifs mais pas que…dès qu’un sujet m’intéresse : j’écris !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *