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[INTERVIEW] Lyvia débloque car « être toi suffit ! »

Selon le baromètre Edenred-Ipsos, en France, 67% des salariés s’estiment satisfaits de leur bien-être au travail. C’est à partir de cette problématique que tout a commencé pour Lyvia, alors qu’elle se trouvait dans la part de salariés insatisfaits.  Devenue coach en développement personnel après une expérience professionnelle peu épanouissante de consultante en management à la City, elle conseille dorénavant les travailleurs en quête de nouveaux horizons professionnels. Elle s’est livrée à la rédaction.

Qui est Lyvia ?

J’ai 29 ans, bientôt 30 ans et je suis née en Guadeloupe, à Bouillante. J’ai quitté la Guadeloupe après mon Bac Scientifique quand j’avais 17 ans. J’ai fait une année de prépa scientifique à Paris, avant de réaliser que ce n’était pas pour moi. J’ai poursuivi en faisant des études d’économie et de Finance à l’Université Paris Dauphine. Après mes études, j’ai quitté Paris pour Londres, où j’ai travaillé 3 ans comme consultante en management. Et puis un jour, j’ai décidé de tout arrêter et d’explorer de nouvelles possibilités. Depuis près de 4 ans maintenant, je suis complètement indépendante. J’accompagne les entrepreneurs et les artistes qui veulent créer une activité qui leur ressemble, et qui souhaitent faire passer leur message haut et fort. Ma devise c’est : « Etre toi suffit ». La personne que tu es, telle qu’elle est, a tout ce qu’il faut pour y arriver. Je suis auteure et conférencière, et je m’exprime quotidiennement sur les réseaux sociaux.

Tout est parti de la création du blog jemecasse.fr au moment où vous quittez votre poste à la City en 2013. Qu’est-ce que vous vous dites à ce moment là ?

Au moment de créer jemecasse.fr, j’en avais simplement… marre. Je n’ai pas d’autre mot. Cela faisait un moment que je me posais des questions sur mon avenir, sur la vie qui me conviendrait, et je sentais que le métier de consultant m’enfermait. Ceci dit je n’avais aucune idée de ce vers quoi aller. A l’époque je n’avais que très peu confiance en moi. J’avais toujours aimé écrire, alors j’ai commencé en créant ce premier blog. Je voulais simplement être dans l’action et arrêter de tourner en rond. Enfin faire quelque chose. J’avais un métier très intéressant, avec de nombreux avantages. Pas vraiment de quoi me plaindre. Et c’est là où c’est le plus difficile de prendre une décision : quand ce n’est ni tout noir, ni tout blanc. Une partie de moi aspirait à « plus ». Ou plutôt à « mieux ». Et c’était difficile à admettre parce que l’emploi que j’avais était déjà considéré comme « le top du top ». Quand je l’ai commencé j’étais vraiment fière. C’est l’ennui qui m’a fait basculer. La sensation de ne pas être profondément utile, ou créative. Finalement, passer son temps en réunion ou à écrire des Power Point, ce n’était pas très excitant. Je n’osais pas aspirer à plus. Et à la fois j’avais la sensation de ne pas avoir le choix.

Au moment de créer le blog, j’étais encore salariée. J’avais cette envie de mouvement, d’essayer quelque chose de différent, d’arrêter de stagner. Le blog m’a permis de rencontrer de nouvelles personnes, que j’ai interviewées. J’ai découvert une nouvelle façon de vivre, loin des bureaux, et plus proche de la créativité et de nos envies. Quelques mois plus tard, je quittais mon poste. J’avais peur, et surtout aucune idée d’où j’allais. J’avais peu de sous aussi ! Je pense que j’ai trouvé la force parce que l’alternative, rester dans un poste qui me plait moyennement, au risque de le regretter plus tard, me faisait plus peur que de tenter l’aventure !

Parlez-nous de Lyviadébloque.com.

En septembre dernier (2016), donc c’est assez récent, j’ai réalisé, ou plutôt admis que jemecasse.fr ne me correspondait plus. Ma communauté grandissait, je gagnais de l’argent avec mon activité, et je pouvais simplement continuer comme ceci. Or je n’étais plus dans l’énergie de vouloir me casser. Ainsi, je n’étais plus intéressée par aider les personnes à se casser, pas exclusivement en tout cas. Ce que je voulais, c’était me tourner vers l’avenir. Aider des personnes à passer le cap, se libérer de leurs propres chaines.

C’est comme ça que Lyvia Débloque est né. Ce changement, finalement, m’a conduit à me rapprocher beaucoup plus de moi, de mon identité, de qui je suis. Il m’a permis de m’exprimer encore plus personnellement. Et avec le changement de marque, ma façon de fonctionner a aussi complètement changé. Maintenant, j’écris quasiment tous les jours ce qui me vient en tête. Et je crée aussi les programmes qui me viennent en tête. Comme ça vient, comme je le sens, beaucoup plus dans ce qui est naturel pour moi.

Ainsi je sors de nouvelles offres régulièrement. J’ai une offre à abonnement, le Laboratoire du Flow, qui est ma seule « constante ». Chaque mois j’y donne des formations en direct, plusieurs fois par semaine, et j’envoie à mes abonnés un carnet d’exercices papier, afin qu’ils explorent leur propre façon de faire les choses. J’anime aussi des ateliers, des conférences. Et surtout, je publie bientôt mon premier livre « Etre toi suffit ».

La fulgurance créative est votre outil de travail principal. Mais qu’est-ce-donc ?

J’appelle la « fulgurance créative » ce moment où une idée vient, comme une évidence. Elle arrive dans notre tête, et là on a une bouffée d’énergie. Tout s’éclaire et devient simple. Plus besoin de se contorsionner, de partir dans des considérations compliquées : c’est si simple qu’il suffit d’appliquer ! Je parle de « surfer sur la fulgurance » quand il s’agit de suivre nos instincts, nos envies, ce qui vient, et de simplement aller vers ce vers quoi on est appelé. Finalement, mon outil principal c’est la confiance en notre créativité, dans le sens de ce que l’on crée avec notre esprit, nos mains, de façon naturelle et évidente, sans avoir à se casser la tête.

Une communauté de 10 000 personnes vous suit. C’est énorme ! Peut-on parler de développement personnel 2.0 ? Comment faites-vous face à tant de succès ?

On m’a appelée Chamane 3.0 haha ! Ce que je fais est à l’intersection du développement personnel, et du business pur. Il est important pour moi que l’on s’épanouisse. Il est crucial pour moi que l’on gagne de l’argent en le faisant ! Et c’est ce que je tâche de communiquer. Je crois que l’on peut construire la vie que l’on veut, et ça passe par aussi le fait de la financer d’une façon qui est fluide pour nous.

La question me fait sourire, car je trouve ça encore petit ! Entre les réseaux sociaux et ma newsletter, plusieurs milliers de personnes me suivent et adhèrent à mon message. Mais je vise la centaine de milliers de personnes, voire plus ! Ceci dit, pour moi le nombre est moins important que la profondeur avec laquelle mon message touche. Par rapport à certains, j’ai une petite communauté. Mais elle est très active, très engagée, et ce sont des gens formidables, qui passent à l’action et sont prêts à prendre les choses en main, pour eux et pour le monde ! L’envergure et l’impact de mon message sont importants pour moi. Comment je le vis ? Très bien ! J’ai dû faire face à mon lot de déconvenues et de critiques, mais je suis prête à y faire face à encore plus, avec une visibilité grandissante.

Quels sont vos projets pour la suite ?

Le plus important pour moi à ce stade est que mon message touche le maximum de personnes. Ainsi je prépare la sortie papier de mon livre en avril, je compte intervenir à davantage d’événements et de conférences, et j’ai plusieurs collaborations en cours. Mon plan est simple : continuer d’écrire, de communiquer chaque jour, de créer des offres qui fassent ma communauté évoluer, et porter mon message haut et fort.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui hésite encore à se lancer dans l’entrepreneuriat ?

Je dirais de ne pas y aller si c’est juste une question de « mode ». Ou que ça a « l’air bien ». Car cela a l’air bien, mais ce n’est pas une mince affaire que d’entreprendre ! Deux choses sont importantes : la confiance et l’action. Il est important d’avoir la foi que cela va fonctionner. De sentir l’appel, l’envie en nous. Si l’envie n’est pas là, cela ne sert pas, on va vite baisser les bras. Par contre, si vous avez une petite flamme en vous qui a envie de grandir, alors allez-y ! Si vous avez peur, voire que vous paniquez, c’est normal ! Mais la petite flamme doit être là quelque part.

Et il y a l’action ! L’entrepreneuriat n’est pas pour les fainéants ! Chaque jour, il faut se demander : quelles actions je peux mettre en place pour avancer ? Cela demande de travailler énormément sur son état d’esprit, dépasser ses propres limites, aller à l’encontre des idées reçues. C’est l’une des plus belles aventures humaines. C’est aussi l’une des plus difficiles. Si vous avez peur, et que vous avez envie : c’est bon signe. Cela veut dire que vous êtes conscient de ce qui vous attend… et que ce qui vous attend est grand ! Pour finir je dirais que chacun est capable d’y arriver. Ce n’est pas aussi compliqué que l’on pense. C’est en fait assez simple, du moment que l’on garde un bon état d’esprit et que l’on reste dans l’action. Pas besoin de recettes compliquées, pas besoin de gros investissements. Vous pouvez commencer là où vous êtes, avec ce que vous avez. Et surtout, tels que vous êtes aujourd’hui. Etre toi suffit !

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Lovely BERGENA

Lovely BERGENA

Aspirant à faire du droit des Outre-Mer la figure de proue de mon parcours de juriste, j'ai trouvé en la Rédac' un bel espace d'expression. Dès mon plus jeune âge, j'ai eu un goût prononcé pour l'écriture. Dynamique, débordante d'énergie et de vitamines, ma curiosité m'amène à ne pas me restreindre au droit. Ma philosophie ? Poté mannèv ! (Action !)

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