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Alors que vous avez pu découvrir dans un précédent article les membres d’AZ Sound, ils nous confient cette fois-ci leurs impressions sur les métiers en Guyane. Offre de formation, réalisations, conseils, projets pour la suite, ils nous disent tout dans ce deuxième article qui leur est consacré.

Où vous êtes-vous formés à ces métiers du son ? Pensez-vous que l’offre de formation en Guyane est suffisante en la matière ? Que faut-il améliorer ?

Dj Wall-ice : Je me suis formé en tant que DJ chez moi de façon autodidacte. J’ai acheté mon matériel au fur et à mesure avec l’argent récolté lors des soirées. J’ai fait une formation en tant que technicien de son de 2015 à 2017. L’offre de formation en Guyane en la matière est malheureusement inexistante. Il faudrait créer une offre de formation tant pour les deejays que pour les techniciens son afin de développer le secteur musical Guyanais.

DJ WALL-ICE

Toxine : Un jeune qui veut devenir technicien son, doit malheureusement quitter la Guyane pour se former.  En Guyane, il n’y a pas de centre de formation. Il faut payer pour se former dans l’Hexagone. J’ai été formé dans une école de théâtre en Guyane qui a dernièrement fermé ses portes. Il s’agissait de l’école Kokolampe au camp de la transportation à Saint-Laurent du Maroni. Elle proposait gratuitement aux jeunes de l’Ouest Guyanais des formations gratuites en spectacles vivants en lien avec un établissement de Bagnolet en Région Parisienne. J’y suis resté trois ans.

Dj Maf : Il n’y a pas de formation en Guyane. Pour se former dans l’audiovisuel, il faut partir aux Antilles ou dans l’Hexagone. Cela ne permet pas à la musique Guyanaise d’avancer. Les studios dans l’Hexagone n’ont rien à voir avec les studios et la musique proposés en Guyane. Dans l’Hexagone, il y a un large panel de styles musicaux alors qu’en Guyane, il y a surtout une culture dancehall. Il faut créer des formations professionnelles pour les jeunes Guyanais. Des jeunes se forment sur Youtube mais  la qualité en patie.

Ces métiers semblent majoritairement masculins. Les grands noms du milieu aux Antilles Guyane à l’instar de DJ LG et DJ Wall-ice qui font d’ailleurs partie d’AZ Sound, DJ Coss, DJ Jairo, DJ Da Boyz pour ne citer qu’eux, sont des hommes.  Il y a-t-il une place pour les femmes ?

Wall-ice : Peu de femmes se lancent dans le métiers mais je suis persuadé qu’une femme qui se lance aura plus de succès si le travail nécessaire est fourni.

Stomy Patient : Pour moi, la question de la place de la femme ne se pose pas en ces termes. Nous sommes dans un domaine éminemment artistique où ce qui prime avant tout est le talent. C’est la raison pour laquelle je pense que si une femme a du talent, elle méritera sa place autant qu’un homme.

Dj Maf : Il y a toujours de la place pour les femmes. Chez Az Sound, on a Karene qui est compositrice.

Karène

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaite faire carrière dans cet univers ? Peut-on d’ailleurs en vivre selon vous ?

Wall-ice : Pour un jeune qui souhaiterait exercer en tant que Dj, je lui donnerais les conseils suivants : travailler la technique, la culture musicale, être original, rechercher l’inspiration tous les jours avec n’importe quel style de musique et être très patient.

Dj Maf : Il faut toucher le logiciel tous les jours. Certes, l’imagination et l’oreille sont des préalables mais il faut maîtriser le logiciel car il fait tout. Je dirais aux jeunes d’investir dans du matériel si ils sont déterminés à exercer dans ce domaine. J’ai investi dans du matériel, un piano, un ordinateur. Il faut avoir les bons contacts, un carnet d’adresse fourni et  des personnes pour soutenir le jeune, le promotionner.

Quels sont les projets pour la suite ?

Stomy Patient : Je suis de très près les mutations de la scène reggae dancehall et je vais tenter d’être plus productif me concernant.

Wall-ice : Je veux faire découvrir le maximum de jeunes talents guyanais et ne pas travailler qu’avec des artistes confirmés. Je veux faire émerger les plus jeunes artistes. Ensuite, me concernant, je veux faire le maximum de territoires et aller le plus loin possible en tant que Dj.  En fin de carrière, il me tient à cœur d’ouvrir une école de DJ en Guyane.

Dj Maf : Nous travaillons actuellement sur plusieurs albums. Je travaille en tant que compositeur sur l’album de Saik. Nous préparons une collaboration avec X-man et Dj Daboyz. On travaille avec beaucoup d’artistes locaux. Par exemple, nous préparons le titre coup d’état avec Cheenie Man. On essaie, dans nos one riddim, de mettre une poignée d’artistes méconnus. On veut faire connaître de nouveaux artistes. Dans l’Hexagone je travaille avec Dj Kicker qui m’a fait profité de son panel de contacts à mon arrivée en région parisienne.

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Lovely BERGENA

Lovely BERGENA

Aspirant à faire du droit des Outre-Mer la figure de proue de mon parcours de juriste, j'ai trouvé en la Rédac' un bel espace d'expression. Dès mon plus jeune âge, j'ai eu un goût prononcé pour l'écriture. Dynamique, débordante d'énergie et de vitamines, ma curiosité m'amène à ne pas me restreindre au droit. Ma philosophie ? Poté mannèv ! (Action !)

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