[Court-métrage] Miguelle Hilaire met en scène le surpoids et l’obésité en Martinique

Echappée Belle: le « shoot » littéraire de Valérie Siracus
18 août 2016
À quoi servent les vacances ?
26 août 2016
Voir tout

[Court-métrage] Miguelle Hilaire met en scène le surpoids et l’obésité en Martinique

Selon les chiffres des autorités de la santé, la Guadeloupe et la Martinique sont les départements français où l’obésité et le surpoids sont les plus importants. Au-delà des questions d’esthétique, ce sont de réels problèmes de santé qui peuvent être engendrés par le surpoids et l’obésité. L’objectif de ce court-métrage réalisé en 2013 par Miguelle Hilaire est de sensibiliser le public, à travers une histoire, celle de Maëva, aux conséquences de ces deux fléaux.Un message d’alerte et de prévention qu’elle a décidé de mettre en visionnage libre.

Aimer la vie et ses plaisirs

Maéva a 19 ans, jeune, belle et pétillante, elle aime la vie et ne se prive de rien. Soirées entre amis, shopping et consorts, la jeune fille vit paisiblement sans jamais se préoccuper de son poids. Maéva est bien entourée par des amis qui l’apprécient pour sa générosité et qui quant à eux ne ratent jamais l’une de ses invitations « tété dwet »(ndlr: manger avec plaisir). Gratins en tout genre, grillades, riz aux légumes largement épicé, ragoût de porc, tout doit y passer et gare à celui qui fait la fine bouche ! S’en suivent alors des desserts plus succulents les uns que les autres. A bas les fruits locaux ! Bananes flambées, Sorbet, Chocolat martiniquais et son fameux pain au beurre sont les merveilleux partenaires sucrés des convives et de Maéva qui se délectent devant ces mets irrésistibles qui sont finalement dangereux pour la santé si l’on ne les consomme pas avec modération.

En Martinique,  selon l’enquête Kannari réalisée en juin 2015 par l’Agence Régionale de Santé (ARS),1 adulte de plus de 16 ans sur 2 est en surpoids et 1 sur 4 est obèse. Les femmes sont les plus touchées: 63% sont en surpoids contre 53% chez les hommes et 33% sont obèses contre 21% chez les hommes.  Le surpoids et l’obésité prennent des proportions alarmantes et le phénomène est fortement banalisé dans nos sociétés.

« Nous espérons que ce court-métrage contribuera à l’éveil des consciences » M.H

Mis en ligne le 8 août dernier, le court-métrage a déjà été visionné plus  de 25 000 fois et suscite un grand engouement sur les réseaux sociaux. L’année de sa sortie en 2013, le film avait été primé au Festival du prix de Court et obtenu la récompense Canal Plus du public. Miguelle Hilaire a souhaité mettre le cinéma au service d’une cause qui la touche. « Il était important  pour moi d’apporter ma pierre à l’édifice ». Chargée de communication à la chambre de l’Agriculture en Martinique, cette passionnée de la caméra ne s’arrête pas là. En effet, en mars 2016,  elle a sorti un film sur la surconsommation d’alcool chez les jeunes, qu’elle a présenté au festival Prix de Court sous le nom de Krystal-Rose. Il a reçu une mention spéciale du jury pour la réalisation et le scénario. Souhaitons qu’il soit aussi en accès libre !

« Soyons acteurs de cette lutte contre le surpoids et l’obésité. Prenez bien soin de vous » ajoute la réalisatrice.

L’actrice principale, Audrey Dorsan se confie

Avant de vous plonger dans ce court-métrage, Jeunesse Outremer a recueilli le témoignage d’Audrey Dorsan qui joue le rôle de Maéva :

« J »avais déjà en tête de sensibiliser et d’aborder le sujet de l’obésité et du surpoids à travers une vidéo mais j’avoue que je ne savais pas encore avec le soutien de qui ou de quel organisme donc quand Miguelle Hilaire m’a été présentée par un ami lui-même photographe travaillant principalement avec les femmes rondes j’ai tout de suite accepté de passer le casting pour le rôle de Maéva. »  J’ai connu pas mal de régimes qui ont super bien marché mais qui ont eu un effet yoyo car, mentalement, m’ont fait perdre espoir de stabiliser mon poids, alors j’ai baissé les bras, en ayant marre d’être esclave des régimes sans fin. En quelques années je suis passée du surpoids à l’obésité morbide. A partir de là j’ai voulu tenter à nouveau les régimes mais aucun résultats encourageants alors j’ai décidé d’être patiente et de respecter une certaine hygiène alimentaire pour perdre du poids, cette méthode comporte moins de risques et elle marche ! 

Après le court métrage, j’ai décidé de me prendre sérieusement en main mais en cours de route je suis tombée enceinte. Je n’ai cependant pas abandonné durant ma grossesse mais c’est l’année qui a suivi mon accouchement où j’ai perdu le  contrôle de mon poids, coincée entre boulot, bébé, vie à la maison.. Mais aujourd’hui grâce à ma détermination et le soutien de mes proches j’ai perdu en 1 an 20kg et bien sûr en exerçant une activité physique. Être ronde n’est pas forcément synonyme de laideur mais plutôt de risques pour la santé. Aujourd’hui je veux voir ma fille grandir et pour des années et des années encore si Dieu me le permet.

Les réactions reçues furent très positives concernant ce film. Entre émotions, pleurs, déclic et prise de conscience, non seulement auprès des concernés par le sujet mais aussi leur entourage, il y a eu beaucoup de messages d’encouragements, de félicitations.  Ce court-métrage a su aborder ce sujet sans le diaboliser et a également ouvert la porte à plus de tolérance. 

Regardez l’histoire de Maéva :

 

 

 

The following two tabs change content below.
Etudiante en journalisme, c'est tout naturellement que j'ai intégré le pôle La rédac du réseau. Une nouvelle opportunité pour me perfectionner dans la rédaction web et ses enjeux que je prends plaisir à expliquer aux rédacteurs en herbe du site. Ma devise : ne jamais blâmer une contrariété

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *